Le 23 juillet 2026, une femme musulmane de 65 ans portant le hijab a subi une agression raciste dans un tram à Bruxelles. Driss, un papa schaerbeekois de 54 ans, s’est dressé face à la violence raciale quotidienne en s’interposant contre l’agresseur et en se joignant à la femme attaquée. Driss a été lâchement tué par l’agresseur qui l’a frappé à plusieurs reprises à la tête à l’aide d’un objet.

La classe politique bourgeoise réformiste et même celle réactionnaire a « honoré » l’acte et la mémoire de Driss mais en invisibilisant volontairement ce contre quoi Driss s’est dressé : une agression raciste, qui reflète les dynamiques et violences sociales qui structurent la société belge. Son meurtrier ne représente pas seulement la haine d’un individu, mais le mépris de toute une société, qui punit chaque jour les communautés racialisées pour leur refus de se taire face à une violence et à une exploitation impitoyables. De même, le courage de Driss n’incarne pas seulement la résistance face à l’action d’un seul homme dans un tram, mais aussi la résistance contre le racisme lui-même.

C’est de cette résistance que nous devons tirer certaines conclusions indispensables.
Le racisme tue, et partout où il ne se heurte pas à une résistance, il menace de tuer à nouveau. De plus, le racisme est structurel, dans la mesure où il s’exprime à travers une division racialisée du travail (par exemple ; dans la construction, la livraison, l’entretien et le travail reproductif), une répartition raciste des ressources (la plus-value produite dans le Sud revient en Europe : le travail humain et les ressources du Sud sont expropriés par le Nord), une sur-exploitation des classes subalternes (les travailleur.ses non-blancs sont sur-exploité.es comparativement aux travailleur.ses blancs, ils et elles subissent des conditions de travail plus pénibles et moins bien rémunérées), une exclusion du marché du travail de personnes racisées (notamment des femmes portant le hijab en Belgique et des personnes exilées), une privation de stabilité administrative et de sécurité sociale (pour les personnes exilées, celles ayant une double nationalité et celles considérées comme « radicalisées » par l’État), un système carcéral fondé sur le colonialisme et l’esclavage, ainsi qu’une hégémonie culturelle suprémaciste blanche qui soumet constamment les personnes racisées à la marginalisation, à la stigmatisation, à la déshumanisation et à la peur.

Ce racisme structurel, c’est celui de la classe possédante, la bourgeoisie et de ses partis politiques. C’est le racisme du MR qui légitime dans chacune de ses interventions l’islamophobie et nourri directement les actes de haine spontanés ou organisés. C’est celui du PS qui veut renforcer la police, les centres fermés et autres dispositifs racistes, tout en prônant un antiracisme moral. C’est celui d’Ecolo qui vote en faveur des déportations de personnes exilées par Frontex sur le territoire belge. C’est celui du parti d’extrême droite et héritier de la collaboration qu’est la N-VA et qui est actuellement au pouvoir en Belgique.

La mort de Driss n’est pas un « fait divers ». Honorer la mémoire de Driss, c’est refuser de fermer les yeux face aux injustices qui l’ont fait se lever et qui lui ont coûté la vie, c’est combattre le racisme structurel. Honorer la mémoire de Driss, c’est combattre le racisme dans la sphère publique, tout autant que dans la rue.

Nos pensées vont à ses proches, ainsi qu’à toutes les victimes du racisme dans notre société, organisons-nous maintenant contre le racisme.

JUSTICE POUR DRISS : CE N’EST PAS UN FAIT DIVERS, C’EST UN CRIME RACISTE. NE FERMONS PAS LES YEUX ! HONORER DRISS, C’EST CONTINUER LE COMBAT !

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