
Plus de 5 000 personnes de mouvements, traditions et organisations révolutionnaires différentes ont battu le pavé ensemble pour le premier mai à Bruxelles. Depuis 2018, sur la base d’une politique de l’alliance et d’unité différenciée, nous organisons avec d’autres organisations, locales et internationalistes, un rendez-vous annuel pour réunir les forces révolutionnaires en Belgique. En 8 ans, la mobilisation n’a cessé de grandir et a réussi à s’imposer dans la métropole bruxelloise. Aujourd’hui, malgré les tentatives, ni les communes ni la police n’ont été en mesure d’interdire notre manifestation : c’est un rapport de force que nous construisons, non seulement pour garantir la tenue de la manifestation, mais aussi comme contre‑pouvoir permanent face à celui du gouvernement local.
Alors que la bourgeoisie nous pousse au fascisme et à la guerre, le succès des mobilisations organisées par l’Alliance du Premier Mai Révolutionnaire ne résulte pas simplement de ses efforts organisationnels, mais traduit principalement une conscience toujours plus importante au sein de la population pour rétablir la tâche de construire un mouvement révolutionnaire combatif, populaire et massif contre le capitalisme racial, patriarcal, et extractiviste. L’urgence est là et nous devons être à la hauteur de la menace : il s’agit de construire au-delà de notre simple survie un mouvement révolutionnaire profondément internationaliste, anti-impérialiste, antiraciste, féministe, écologique.
Pour construire cette alternative révolutionnaire, renforçons maintenant les résistances en Belgique ; contre les visites domiciliaires et l’enfermement de personnes sans-papiers, contre la militarisation de la société, contre la construction raciste d’un ennemi intérieur, contre la complicité européenne dans la colonisation sioniste de la Palestine et le néocolonialisme en Afrique, contre le démantèlement des acquis sociaux des luttes ouvrières… C’est la tâche de tout.e militant.e révolutionnaire d’élargir et de renforcer son réseau social et, ce faisant, le réseau solidaire des organisations et du camp révolutionnaire. Ce n’est qu’ainsi que nous pouvons construire une force de frappe, pour frapper dur et fort. Il n’y aura pas de victoire sans offensive.
Notre lutte est pour une vie digne et libre, et nous reconnaissons que, tant que le capitalisme existera, le fascisme et la guerre seront inévitables. Et que, tant que le capitalisme, le fascisme et la guerre seront inévitables, la lutte révolutionnaire le sera aussi.
Notre ambition n’est pas de romancer cette lutte ni de concevoir la victoire comme quelque chose de certain. Il est toutefois important pour nous de reconnaître nos succès, de développer notre réseau de solidarité, et de persister malgré les moments d’impasse, de désespoir et de désorganisation. Comme l’a notamment déclaré le révolutionnaire burkinabé Thomas Sankara : « Là où s’abat le désespoir, s’élève la victoire des persévérants. »
Vive le 1er mai révolutionnaire
Plus jamais on baisse les yeux