
Du 12 au 14 mars 2026, Bruxelles accueillera son premier salon d’armement et de propagande pour la guerre. Le Brussels European Défense Exhibition (BEDEX), est le fruit d’une étroite collaboration entre l’industrie de l’armement, des fonds d’investissement et l’État belge. Son objectif ? Promouvoir l’industrie de l’armement belge et européenne, attirer des investissements, permettre le développement de technologies militaires avec « des applications civiles potentielles », comme l’explique Joan Condijts, le patron du fonds d’investissement Deficom, à l’initiative de BEDEX.
Bruxelles, la capitale de l’Europe et siège de l’OTAN, au cœur de la stratégie militaire européenne.
L’émergence de salon militaire, comme BEDEX, ne peut être comprise que depuis la dimension impérialiste du capitalisme.
L’impérialisme est le processus politique d’expansion et d’accumulation du capital à l’échelle du monde. Ce rapport du capitalisme caractérise le développement inégal des pays, basé sur l’expropriation et la colonisation du Sud global ainsi que sur la domination économique en faveur des États-Unis et des États du Nord. Et, dans une moindre mesure, de la Chine et de la Russie.
C’est à Bruxelles, au cœur même de l’impérialisme occidental que s’enracine BEDEX. L’organisation de ce salon survient dans le cadre de l’intensification des guerres à l’échelle du globe, marquées par une polarisation nord-sud : Palestine, Venezuela, Congo … et la préparation de guerres de haute intensité au sein des frontières européennes. Ce sont pas moins de 800 milliards d’euros, que l’Union européenne investit dans la guerre d’ici 2030 avec son plan stratégique « ReArm Europe ».
BEDEX s’inscrit dans l’effort de l’État et du complexe militaro-industriel pour le développement de ses instruments militaires, destinés à faire la guerre aux peuples du Sud en lutte à l’extérieur du territoire « national », et surveiller et réprimer la population à l’intérieur du territoire « national ». C’est au croisement de conflits impérialistes, d’entreprises coloniales ou néocoloniales et de la répression au sein des métropoles que se construit l’industrie de l’armement, se partagent et se développent les pratiques et doctrines anti-insurrectionnelles, variant en forme et intensité selon le contexte.
Des entreprises d’armes belges comme FN Herstal construisent, tant des fusils d’assaut destinées « aux conflits militaires » que des Flash-Balls et des armes dites à « létalités réduites » qui sont souvent développées dans des contextes coloniaux ensuite déployés dans la métropole contre des parties de la population racialisée et précarisée et utilisées contre les mouvements sociaux. L’usage du FN303 par les milices de Trump, ICE et CBP, pour mener leur rafle et leur déportation de masse en est un bon exemple.
La guerre comme « menace » ou « nécessité », est présentée comme un enjeu existentiel pour l’État. L’opposition populaire à la guerre devient ainsi la cible d’une nouvelle bataille menée par l’État et la classe capitaliste contre les classes opprimées et les couches marginalisées de la population.
Démanteler la « paix sociale », construire la machine de guerre.
À la sortie de la Seconde Guerre mondiale, pour canaliser les poussées révolutionnaires contre le capitalisme, la bourgeoisie a acheté la « paix sociale », au travers de la mise en place de la sociale démocratie. Aujourd’hui, nous observons un large détournement de fonds via ce que les politicien.nes appellent « l’austérité » : les milliards destinés à la sécurité sociale sont transférés vers le complexe militaro-industriel et la guerre. La chasse aux pauvres du gouvernement Arizona est corrélée à l’achat d’avions de chasses, de systèmes anti-aériens, de blindés et de technologies de surveillance. Les dépenses de l’État se concentrent sur la guerre, le renforcement de l’appareil militaire et celui policier.
La guerre et la répression deviennent les seuls langages du pouvoir face à toutes contradictions sociales à l’intérieur du pays. La « guerre contre la drogue » et la « guerre contre la pauvreté » en Belgique sont véritablement des guerres, destinées à punir violemment celles et ceux qui sont perçu.es comme étant en dehors de la logique du marché du travail.
La sécurité et l’industrie militaire sont le plus gros marché du capitalisme contemporain.
En plus d’être l’instrument principal de l’asservissement et de la domination des États impérialistes, la sécurité et l’industrie militaire constituent un des marchés les plus fructueux du capitalisme. Ce marché génère des milliards de dollars et d’euros de bénéfice sur les génocides, la destruction, la domination, la surveillance et le contrôle des peuples, et il consolide les outils permettant la main mise de ces États sur les populations.
Il est essentiel, pour nous, d’identifier le militarisme comme un aspect vital de l’impérialisme, lui-même une manifestation du capitalisme. Nous comprenons donc que toute opposition à l’effort de guerre doit également être une lutte anticapitaliste, ainsi qu’une lutte antiraciste et féministe.
L’industrie militaro-sécuritaire est une de clés de voute du capitalisme contemporain, ce qui en fait une cible privilégiée, tant pour notre survie que pour notre libération. L’effort de guerre met à nu l’infrastructure de notre économie et de notre société, qui perpétue la violence pour se maintenir en vie. En s’exposant ainsi, il devient évident pour une partie de plus en plus importante de la population que ce qui est fait au nom de la « sécurité nationale » n’est en réalité qu’une intensification de la répression et de la violence, tant au niveau national qu’international. Nous devons saisir cette occasion pour développer une lutte militante internationaliste contre l’impérialisme et le fascisme.
Nous nous opposons à BEDEX comme un salon de promotion de la guerre et des instruments militaires servant l’écrasement et la domination des peuples. Nous refusons l’avenir mortifère que nous dessinent les concurrences entre Etats capitalistes et contre la guerre et sa promotion, nous appelons à toutes formes de résistance populaires et à la solidarité internationale au plus haut niveau.
Rejoignez le bloc antimilitariste le 12 mars lors de la grande manifestation contre l’Arizona.
Contre les guerres capitalistes, renforçons le camp révolutionnaire !
Combattons l’impérialisme, construisons la solidarité internationale !
Smash BEDEX !
0 commentaire